lundi 21 février 2011

Entre deux chaises n'est ce pas


Marine Le Pen. Nouvelle figure de proue du navire FN, la figurine à jupons copie peu conforme de son borgne de papa, a été récemment élue présidente du parti. La nouvelle égérie des frontistes entend faire du FN une arme de conquête du pouvoir, avec dans le viseur de son Karabiner 98K : l’échéance 2012. Un changement important pour le FN, créé en 1973 ; reste à savoir dans quelle mesure cette nouvelle Barbie frontiste va modifier la direction des rails sur lesquels son père avait lancé, pleins gaz, le parti.

Marine Le Pen, un nouveau visage qui entend dérider l’image décrépite de l’extrême droite française, un coup de frais (sic) sur le discours au goût de pain raciste que goûtent depuis près de quarante ans les Français. Ce que veut Marine Le Pen, c’est aussi dédiaboliser l’image du parti, couper la petite queue rouge qu’exhibait à loisir son paternel et revêtir une nouvelle aube blanche de défenseur des Français.

Un Front luisant et un ver national qui creuse son trou dans une pomme hexagonale trop abimée. Une voix rauque pour honorer les caciques et faire valser quelques thèmes classiques de la partition frontiste.

Effrontée nationale pour certains, elle joue à chamboule-pas-tout au sein de sa formation politique. Elle solde quelques antiennes de papa et se démarque en qualifiant les pratiques nazies de « summum de la barbarie », histoire d’un détail qui n’a pas du échapper aux quelques rétrogrades négationnistes encore membres frontistes.  

L’antisémitisme aussi semble dépassé, old school, plus vraiment vendeur. Aujourd’hui Marine s’égosille tel un muezzin sur les toits médiatiques français pour nous apprendre que désormais, c’est le minaret islamiste chapardeur d’emploi français qu’il faut combattre, au même titre que les femmes voilées, ennemies pudiques n°1. Et prière de ne pas s’agenouiller dans les rues, s’il vous plait. Marine Le Pen plus sociale que papa aussi, mais c’est sans doute parce qu’il ne lui manque pas à elle, l’œil gauche.

Avec cette nouvelle tête pensante (sic ?) à la direction du Front, reste à savoir dans quelle mesure le parti fera véritablement peau neuve, où si l’on n’assiste pas à un ravalement de façade superficiel censé cacher les peaux mortes d’un discours éculé.